Histoire du Réseau

Début 95, quelques entreprises et associations qui se connaissaient ou s’étaient rencontrées dans des réseaux « alternatifs » décident de mettre en place un fonctionnement leur permettant de se rencontrer deux fois par an sur le site de l’une d’entre elles. L’idée est de fonctionner en réseau informel, sans structure, sans permanent, avec une communication directe entre les acteurs : une rencontre au printemps, une autre à l’automne, avec un lieu et un thème de réflexion définis à la fin de la rencontre précédente. Les thèmes abordés sont variés : « quelle culture d’entreprise ? », « La dérive du sens initial », « l’argent », « la formation », « fondateurs, fondatrices », « relations groupe/individu », etc. Nous nous appelons R.E.P.A.S. : Réseau d’Échanges et de Pratiques Alternatives et Solidaires. Le mot « Pratiques » n’est pas vain.

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Lors de la réflexion sur le thème de la « dérive », nous avons été amenés à parler de nos modes de recrutement et à observer que le recrutement par opportunité géographique ou compétence seule était souvent à l’origine de cette fameuse dérive observée vis à vis du projet initial. La question a donc été posée ainsi : « comment rencontrer de « futurs partenaires » plutôt que d’acheter de la compétence sur le marché du travail ? ». Nous nous sommes aussi demandé si nous n’avions pas un devoir de témoignage pour encourager d’autres initiatives en leur faisant savoir qu’il est possible d’entreprendre autrement. En effet, nous sommes les uns et les autres sollicités par de nombreux porteurs de projets, des étudiants, des institutions, pour témoigner de nos expériences, mais nous manquons de disponibilité et de cadre pour pouvoir jouer ce rôle dans de bonnes conditions.

Ouvrir nos entreprises à des personnes et mutualiser leur accompagnement

L’idée est venue de proposer une sorte de « compagnonnage » dans nos structures à des personnes qui souhaitent mûrir un projet ou simplement s’évaluer au contact de la réalité et de l’expérience d’autres qui ont fait le chemin avant eux. Le principe est d’ouvrir nos lieux de travail à ces personnes et de mutualiser leur accompagnement dans le cadre d’un comité de pilotage.

Il a fallu résoudre les problèmes de statut, de couverture sociale, de rémunération des compagnons et donc trouver un cadre juridique pour accompagner cette activité. Nous avons créé une association (R.E.P.A.S.) et cherché dans quel cadre de la formation professionnelle faire reconnaître son fonctionnement. Nous sommes « atypiques » : nous affirmons ne pas être dans une démarche d’insertion sociale pour personnes en difficulté, nous ne formons pas à une qualification technique, nous nous adressons à des gens diplômés autant qu’à des gens sans diplôme, nous n’avons pas de critère d’âge ni de zone géographique d’origine.

Néanmoins, grâce à la compréhension de responsables administratifs, la première année, nous avons trouvé une mesure « expérimentale » et la Fondation Charles Léopold Meyer a apporté son soutien à un travail de capitalisation de l’expérience. Le cadre qui nous était imposé était cependant très contraignant et excluait des personnes pour lesquelles le compagnonnage est vraiment adapté.

En 2000, le Secrétariat d’État à l’Économie Solidaire a sélectionné notre action et apporté son soutien dans le cadre de son « appel à projets ». Depuis, l’action a pu continuer avec le soutien financier de la région Rhône-Alpes-Auvergne , sans que des critères d’âge, de diplôme ou de situation sociale soient imposés.

Il y a eu 22 compagnonnages de 1997 à 2018 qui ont permis d’accueillir plus de 300 compagnons.

Le compagnonnage ne répond pas forcément à nos besoins de recrutement, mais très certainement à un besoin social

Les structures font un bilan très positif de cette action, sachant qu’elle ne répond pas forcément à nos besoins de recrutement, mais très certainement à un besoin social. Les compagnons font également un bilan positif, à court et à moyen terme ; on remarque que dans les trois premières sessions, sur 25 compagnons, 4 ont créé leur activité, 4 sont embauchés dans des structures du réseau, 7 sont salariés dans d’autres structures, 8 se sont engagés dans des formations qualifiantes, 3 sont encore en recherche.

Les sessions de compagnonnage ont permis de créer un réseau d’anciens compagnons qui se rencontrent et se soutiennent mutuellement dans leurs projets. Il est constitué en association : La Sauce.

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